Interview de Nicolas Schmit avec le Jeudi

"Je n'écarte pas que la réduction du temps de travail soit mise sur la table"

Interview: Le Jeudi

Le Jeudi: "A l'inverse du sentiment du LCGB, faut-il réellement modifier le texte de la loi PAN?"

Nicolas Schmit: "Oui. Un syndicat comme l'OGB-L veut un changement car il estime que le texte actuel laisse trop de latitude au patronat pour améliorer la flexibilité du temps de travail. Il demande un texte plus restrictif. A l'opposé, I'UEL souhaite étendre la période de référence. Il faut se rendre compte des écarts existant entre le texte légal et la pratique. Je pense que la loi n'est pas toujours bien lue du côté patronal. Celui-ci ignore parfois l'existence des moyens légaux liés à la période de référence et au POT, que beaucoup ne connaissent même pas. Il ignore qu'il peut introduire des demandes de dérogation auprès du ministre. Je constate que la loi est mal appliquée et qu'il y a lieu de la simplifier. La mission n'est pas facile. La nouvelle loi sur le dialogue social créera un nouvel espace de discussion au sein de l'entreprise."

Le Jeudi: "Mais quel changement faut-il apporter?"

Nicolas Schmit: "Je rencontre tant le patronat que les syndicats. Je laisse le dialogue ouvert et il faut aboutir à un compromis. Quoi qu'il en soit, il s'agit de ne pas mettre à rude épreuve le climat social. Je me donne jusqu'au mois d'octobre, moment où doit se tenir une grande réunion tripartite. Nous verrons alors ce qui pourra réellement être modifié. Nous n'en sommes qu'au début des négociations."

Le Jeudi: "L'UEL n'imagine pas négocier sans associer la future loi sur le congé parental autrement plus flexible..."

Nicolas Schmit: "Mais ce dossier-là est clos! Il n'y a pas de lien!"

Le Jeudi: "La balle, comme le dit l'UEL, est-elle vraiment dans votre camp?"

Nicolas Schmit: "Je ne suis pas magicien... La balle est dans tous les camps. Je suis là pour aider à atteindre in consensus. En tout cas, ce n'est pas à moi à imposer un texte. Je ne suis pas l'auteur d'un texte qui, comme ailleurs, prévoit quatre mois de période de référence. Mais cette proposition est sur la table. Nous restons dans une logique de négociation."

Le Jeudi: "Parlerez-vous de la durée du temps de travail, ce que ne souhaitent ni l'UEL ni le LCGB?"

Nicolas Schmit: "Je n'écarte pas que la réduction du temps de travail soit mise sur la table. De telles négociations existent parfois en entreprise, selon les secteurs. Pour moi, il ne s'agit pas d'un sujet tabou et je n'y suis pas fermé. Dans la mesure où il faut atteindre un résultat équilibré, il s'agit d'une variable à ne pas négliger."

Dernière mise à jour